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2 mai 2007

Le bébé Maybach

Texte de Pierre Roberge, rédacteur en chef

logoLa marque Maybach a été ressuscitée des morts par DaimlerChrysler à l’aube de la sortie de la nouvelle Rolls Royce dessinée sous la supervision de son parent adoptif, BMW.  Ces prestigieuses voitures allemandes étaient, à leur époque, l’équivalent germanique de Rolls Royce alors il était légitime pour Mercedes de ne pas vouloir laisser le lucratif marché des voitures les plus luxueuses au monde exclusivement à la compétition.  Ainsi naquirent les Maybach 57 et 62, chiffre représentant, en mètres, la longueur des véhicules.  Mais depuis la commercialisation de ces deux berlines, Rolls Royce a toujours eue bien plus de succès auprès des (très) riches et célèbres.  Pourquoi ?  Parce que les initiales «RR» sont plus représentatives que les «MM» (M & M’s ?), d’une part, et d’autre part parce que les clients potentiels recherchent, en se procurant ce genre de voitures, ce qu’il y a de mieux sur la planète, ce qui tape le plus dans l’œil, pas seulement une copie presque conforme d’une Mercedes de série S (dont les Maybach sont issues) !  Maintenant, les discutions s’animent de plus en plus chez Mercedes à savoir où guider la marque historiquement riche.  Comme on ne vend (presque) rien dans le créneau supérieur de la hiérarchie automobile, ils ne peuvent aller que vers le bas.  Voici donc les possibilités envisagées pour l’avenir de Maybach.

logoIl y a environ deux ans (presque jour pour jour), Maybach dévoilait le fruit d’une collaboration avec le producteur de pneus (aujourd’hui plus que centenaire) Fulda, la Exelero.  La première collaboration entre ces deux firmes eue lieue à la fin des années ’30 alors que Fulda commissionna la création d’une voiture à Maybach afin de réaliser des tests de pneus à haute vitesse.  Le dessin de cette voiture fut réalisé en 1938 et la livraison en 1939, à l’aube de la Seconde Grande Guerre.  Cette Maybach pouvait atteindre une vitesse de pointe de l’ordre des 200 km/h mais à la fin de la guerre, en 1945, on ne retrouva aucune trace de cette voiture unique. 

exelero 66 ans plus tard, Fulda demanda à la renaissante firme Maybach de lui produire une nouvelle voiture ultra performante grâce à laquelle on pourrait tester des pneus à des vitesses élevées.  Le résultat était la Exelero, un coupé aux lignes étirées capable de flirter avec une vitesse de pointe supérieure à 350 km/h !  Le groupe de designer était principalement composé de deux professeurs et quatre étudiants en design de l’école polytechnique Pforzheim.  Après environ neuf mois de travaux, l’équipe gérée par le professeur Harald Leschke adjugea le dessin de l’étudiant Fradrik Burchhardt comme vainqueur. 

S’en suivit la période d’analyse en vue de la fabrication de la voiture comme telle.  Après avoir effectué plusieurs séries de tests en soufflerie et que l’apparence extérieure fut modifiée et adaptée afin de rencontrer ses futures exigences, DaimlerChrysler se tourna vers le carrossier turinois Stola afin de créer la voiture. 

En plus de la modification intensive d’un châssis de Maybach 57, le coupé Exelero reçu une mécanique à la cylindrée majorée jusqu’à 5.9 litres (5.6 litres originalement) et le turbo exeleroa été optimisé afin que la puissance de la mécanique dépasse les 700 chevaux.  Lors des premiers tests effectués sur le circuit italien de Nardo, la Maybach Exelero enregistra 351,45 km/h, un record enregistré chez Guinness comme étant la limousine la plus rapide du monde sur des pneus de série. 

Dès que les premières photos firent surface en publique, les spéculations et les rumeurs se multiplièrent à savoir si Maybach mettrait effectivement cette spectaculaire voiture issue d’un film de Star Wars (ne croyez-vous pas qu’elle irait bien à Darth Vader ?) en production «de masse».  Malheureusement, les espoirs s’estompèrent après que DaimlerChrysler ait soulignée que l’Exelero n’était qu’un prototype unique à l’usage exclusif de Fulda.  Puis les mois passèrent sans que personne ne tente de spéculer sur un éventuel modèle «d’entré de gamme» Maybach ou même sur une nouvelle adition aux produits. 

ocean driveTransportons nous dans le temps jusqu’à Détroit 2007.  Au kiosque Mercedes se trouvait l’étude de style Ocean Drive, sorte de série «S» décapotable et re-carrossée.  La roue de la rumeur se remit à tourner à l’effet que celle-ci pourrait bien être un modèle Maybach déguisé en Mercedes, afin de ne pas soulever de doute dans l’esprit prolifère des médias et des amateurs automobile.  Il est encore un peu trop tôt pour dresser un pronostique mais les nouvelles actuelles n’indiquent pas si DaimlerChrysler ira de l’avant avec le développement de cette berline à toit souple.  Doit-on rappeler que Rolls Royce commercialisera bientôt la Phantom Drop Head Coupe ?

gLa rumeur a plus tard circulée à savoir que Maybach pourrait planifier créer une version ultra luxueuse du VUS Mercedes de série «G».  Tout ce qu’on aurait à faire serait de remplacer la calendre, ajouter des systèmes de confort ultra sophistiqués et voilà, le tour serait joué !  Mais comme pour les berlines Maybach 57 et 62, la critique serait sans doute virulente face à un tel véhicule, ne manquant pas de rappeler que ce VUS n’était en fait qu’une Mercedes «G» standard que l’on aurait massé jusqu’à devenir un objet de «convoitise» impropre au mandat de la marque.  Et à quel prix serait-il vendu ?  Mais comme Bentley et Lamborghini sont à développer des VUS à ajouter à leurs gammes, une réplique de Maybach aurait du sens. 

clsLa solution réside peut-être en la création d’une autre berline Maybach, une voiture qui pourrait se situer entre la Mercedes de série «S» et la Maybach 57 au sein du groupe DaimlerChrysler.  L’option la plus plausible présentement serait la création d’une variante huppée de la CLS, cette Mercedes coupée à quatre portières.  On se retrouverait toujours avec le problème du châssis n’ayant pas de sang royal mais il faut avouer que le modèle pourrait être assez intéressent.  Si les hommes en gris de la comptabilité sont capables d’apposer un prix de détail alléchant, elle clspourrait devenir une alternative n’ayant rien à envier aux plus grandes berlines déjà commercialisées ailleurs, comme la BMW 760, la Maserati Quattroporte ou la… Mercedes de Classe «S»…  Et si on regarde plus loin, une Maybach d’entré de gamme permettrait d’aller chercher une clientèle nouvelle qui n’a pas les moyens de se procurer une limousine de plus 400,000$, surtout si on peut la confondre avec une voiture vendue entre 118 et 228,000$ (prix de détail de la «S»). 

DaimlerChrysler a donc beaucoup de devoirs à faire afin de justifier de conserver la marque Maybach en opération exclusivement dans la catégorie se situant au haut de la hiérarchie automobile et souhaitons que les bonnes décisions seront prises.  Histoire à suivre !

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