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10 mai 2007

Les plans de Fiat menacés

Texte de Pierre Roberge, rédacteur en chef

logoLes dernières voitures identifiées de l’écusson «Fiat» à être vendues en Amérique étaient les petites X1/9, plus tard commercialisées chez-nous sous la bannière Bertone, le carrossier qui les assemblait pour la firme italienne.  Plus tard, en 1995, Alfa Roméo, filiale de Fiat, quittait elle aussi l’Amérique, faute d’avoir réussie à se créer une base solide de clients fidèles.  En faisant donc abstraction de Ferrari et de Maserati (cette dernière revint sur nos côtes en 2002), la dernière présence de Fiat sur le Nouveau Continent remonterait aujourd’hui à plus de 13 ans !  Cette situation est (probablement) sur le point de changer !

500Je vous ai annoncé, dans l’article des nouvelles d’avril 2007, que la petite Fiat 500 arrivera sans doute chez les détaillants Ferrari d’ici 2010.  Aux dernières nouvelles, ça tient toujours.  De plus, je soulignait l’arrivée prochaine (supposée) de l’Alfa Roméo 8C Competizione, cette superbe voiture sportivealfa originalement dévoilée, sous forme d’étude de style, lors du salon de l’auto de Paris en 2006.  Celle-ci viendra tenter de ravir des ventes aux autres GT déjà en place mais une épée de Damoclès est suspendue au dessus de ce projet de commercialisation de cette Alfa de 200,000$US.  J’y reviendrai.

breraLa 8C ne serait pas seule à traverser l’océan jusqu’en159 Amérique.  En effet, Fiat a l’intention d’aussi envoyer la très belle berline 159 et le superbe coupé Brera.  Le duo Alfa Roméo totaliserait environ, selon les prévisions, 8,000 ventes en Amérique alors on est loin de la création d’un164 réseau de concessionnaire spécifique.  Cette prévision est peut-être un peu pessimiste mais il faut se souvenir que les dernières Alfa vendues ici, les Spider et 164, souffraient de graves problèmes de qualité d’assemblage et qu’il faudra du fdtemps pour changer cette mauvaise réputation. De plus, le réseau de concessions Ferrari (où elle serait vendue) est très restreint, limité à un seul au Québec. 

Mais pour Fiat, il y a pire encore que de devoir rebâtir une marque jadis peu fiable et c’est d’affronter les nouvelles normes de gaz d’échappement que veut implanter l’Union Européenne, l’équivalant du CAFE en Amérique.  Selon les ébauches actuelles, les normes du Vieux Continent pourraient être encore plus sévères que celles que veut infliger Bush aux automobilistes américains.  Voici des exemples : D’après une entente volontaire entre les manufacturiers européens, la moyenne de production de CO2 aux flottes atteindra 140 grammes par kilomètre en 2008, soit l’équivalant de 39 milles au gallon.  L’UE pourrait mettre en vigueur une norme réduisant cette néfaste production à 130 g/km d’ici 2012 ! 

599Il est vrai que pour un fabricant comme Fiat, producteur de beaucoup de petites voitures économiques, le respect des 140 g/km est «facilement» atteignable.  Par contre, au sein du groupe, il y a les Ferrari et les Maserati, de grands consommateurs de carburant.  À titre d’exemple, une Ferrari 599GTB avalera 21.3 litres pour cent km et les F430 et 612 Scaglietti dévorent près de 18 l/100 km.  Du côté de Maserati, le tableau n’est pascoupe plus rose car les Coupe et Spyder brûleront 16.7 l/100 km et la berline Quattroporte 16.5 !  En sachant que cette dernière produira 345 g/km de CO2, l’avenir de ces voitures exotiques est loin d’être assuré après 2012.  L’implantation de motorisations hybrides (ou d’autres technologies alternatives) deviendra essentielle au maintien de ces voitures dans les flottes. 

Même si on mettait une surtaxe sur les voitures exotiques consommant une quantité abusive de jus de dinosaure (comme c’est déjà le cas sous la norme CAFE actuelle), ne croyez-vous pas que le client s’acquittera de la note sans trop rechigner ?  C’est pourquoi certains groupes environnementaux proposent plutôt de limiter la production de CO2 par personne, ce qui veut dire allouer un maximum de pollution pouvant être générée par individu par année.  Cette analyse provient de John Wormald, membre de Autopolis, une agence britannique de consultation automobile.  Il poursuit en faisant remarque que si quelqu'un doit choisir entre rouler en Maserati ou faire fonctionner le chauffage central d’une maison, qu’est-ce que le consommateur choisira ? 

D’autres propositions lancées par diverses entités proclament que si une voiture individuelle ne peut pas répondre à des normes de consommation établies, la voiture ne devrait pas être commercialisée !  Le Parti Conservateur anglais, pour sa part, voudrait limiter le CO2 produit par personne par année en incluant les déplacements en automobile, le chauffage des maisons et les vols en avion. 

Donc, l’avenir de la présence de Fiat en Amérique sera géré par l’adoption ou non des nouvelles normes de consommation des véhicules que ce grand fabricant italien produira.  Il 8cserait invraisemblable de voir disparaître purement et simplement les marques huppées du groupe mais, comme chez-nous, de grands changements sont à prévoir dans les années à venir.  L’Alfa Roméo 8C Competizione ne pourrait pas survivre seule en Amérique alors si vous en avez les moyens, procurez vous la dès qu’elle débarquera, sans quoi, vous ne pourrez peut-être plus jamais posséder une aussi belle et performante Alfa Roméo…

Je crois par contre qu’on devrait attaquer le problème du réchauffement climatique de d’autre façon et ne pas uniquement s’acharner sur l’industrie automobile moderne.  Que ce soit en Europe ou en Amérique, aucune mesure concrète n’adresse le problème des millions de voitures aujourd’hui en utilisation qui polluent l’atmosphère.  Si les normes de type CAFE sont acceptées, le prix des automobiles augmentera assurément en flèche, limitant le pouvoir d’achat de la classe moyenne qui devra garder en utilisation de vétustes voitures ne répondant en aucune façon aux nouvelles lois.  Donc, plus les gens garderont leurs vieilles voitures longtemps, plus celles-ci rejetteront du CO2 dans l’air et plus les normes se resserreront, moins les gens pourront se procurer ces véhicules propres rendus trop dispendieux.  C’est ce cercle vicieux qu’il faudra corriger, pas seulement en donnant un coup d’épée dans l’eau en prenant des décisions qui sont plus politiques qu’environnementalistes. 

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