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14 mai 2007

Chrysler vendue à Cerberus

Texte de Pierre Roberge, rédacteur en chef

logo Ce n’était qu’une question de temps avant de savoir qui serait le nouveau propriétaire de Chrysler entre Magna International (le fournisseur de pièces automobile canadien), Cerberus, Blackstone et Kirk Kerkorian (ex actionnaire majoritaire de Chrysler).  La nouvelle est tombée ce matin (à 4h31 am !) ; Cerberus, cette firme d’investissement qui possède des parts majoritaires ou un pourcentage minoritaire fort dans près de 40 entreprises, peut maintenant ajouter Chrysler à son portfolio !  Le montant investi s’élève à 7.4 milliards de dollars US !

logoCerberus Capital Management, cette firme de New York, prendra donc le contrôle de 80.1% des actions détenues par DaimlerChrysler, cette «union» créée en 1998 entre Daimler-Benz (Mercedes) et Chrysler (incluant aussi Dodge, Jeep et à cette époque, Plymouth).  Dois-je rappeler que cette fusion avait coûtée 36 milliards de dollars et qu’elle devait être la fondation sur laquelle l’industrie de l’automobile toute entière se baserait dans le futur ?  DaimlerChrysler sera bientôt renommée Daimler A.G., conservera les 19.9% des actions restantes et sera aussi libérée des coûts faramineux (20 milliards de dollars !) de pension aux retraités et du régime d’assurance santé.  Chrysler portera le nom de Chrysler Holding LLC.  La transaction aura lieue officiellement à l’automne.

logoLe syndicat des travailleurs automobiles américains (UAW) s’opposait à l’acquisition de Chrysler par des intérêts privés, craignant que la compagnie puisse être dissoute ou que ses membres ne soient traités injustement en ce qui concerne les salaires ou les bénéfices marginaux.  Aujourd’hui par contre, Ron Gettelfinger, président du UAW et membre siégeant au conseil d’administration de Chrysler, affirme que «la transaction a été faite dans le meilleur intérêt de ses membres, de Chrysler et de Daimler».  De plus, comme le disent plusieurs intervenants ayant travaillés au dossier, «Chrysler sera en meilleure position afin de focaliser -ses efforts- sur ses plans à long terme, pas seulement sur des résultats à cours terme». 

logo DaimlerChrysler (ou Daimler A.G.) va donc recevoir 1.35 milliards de la part de Cerberus.  Ce dernier a agréé d’investir 5 milliards dans sa nouvelle acquisition et 1.05 milliards seront dirigés vers la branche financière de Chrysler.  DaimlerChrysler prêtera 400 millions de dollars à Cerberus afin de conclure la phase de restructuration en cours chez Chrysler (qui mettra à pied 16% de sa main d’œuvre, soit 13,000 travailleurs en plus de la fermeture de l’usine de Newark au Delaware) et absorbera 1.6 milliards jusqu’à la fin de la «transformation». 

minivanLa tâche ne sera pas simple pour Cerberus car historiquement, Chrysler a souvent été une compagnie au bord du gouffre.  On a qu’à penser à l’aide gouvernementale de 1979 qui avait sauvéejeep Chrysler de la faillite grâce aux efforts du patron de l’époque, Lee Iacocca.  Il y a neuf ans, lorsque Daimler-Benz est débarquée en Amérique pour prendre le contrôle de Chrysler, la compagnie allemande voulait capitaliser sur les produits lucratifs de cette période chez Chrysler, la mini fourgonnette et la division Jeep englobée lors du rachat de AMC en 1987.

En 2006, Chrysler est tombée numéro 4 en Amérique derrière la puissance nippone qu’est Toyota.  Cette année-là, en plus de pertes se chiffrant à 1.5 milliards de dollars, les parts de marché de Chrysler dégringolèrent à 12.6%, une baisse importante par rapport aux 16% du logomarché en 1999.  Et il y a eu Mitsubishi, celle qui devait devenir la branche japonaise de DaimlerChrysler.  En 1999, DCX acheta une partie des actions de Mitsubishi.  La situation précaire de cette entreprise força DaimlerChrysler à prendre contrôle en 2002 mais l’alliance se solda par un échec deux ans plus tard.  Puis en février de cette année, DCX annonça qu’on était ouvert à une vente de feu pour se débarrasser de Chrysler. 

Le marché boursier semble accueillir la nouvelle de la vente de Chrysler avec optimisme car en plus de la majoration de la valeur de chaque part de 15% depuis février, les actions échangées aujourd’hui sont toujours en hausse.  On verra si la tendance se maintient. 

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