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10 mai 2007

35 milles au gallon de CAFE d’ici 2020

Texte de Pierre Roberge, rédacteur en chef

hummerLa nouvelle à été rendue publique hier par le sénat américain ; d’ici 2020, la moyenne de consommation d’essence de la production totale de chaque manufacturiers automobile devrait atteindre 35 milles au gallon !  La moyenne actuelle est de 27.5 mpg pour les automobiles et 22.2 mpg pour les VUS, les pick-up et les fourgons.  Qu’est-ce que ça signifierait pour nous, utilisateurs abusifs de jus de dinosaure ?  Suivez le lien en bas à droite pour le savoir ! 

Il ne restera qu’une seule étape avant l’adoption définitive de ce projet de loi sur le CAFE (Corporate Average Fuel Economy), que le sénat passera au vote le mois prochain.  Les représentants démocrates croient qu’il sera approuvé comme tel mais certains analystes en doutent.  Il faudra patienter encore quelques semaines avant d’avoir la réponse à cette question.  Un des points de litiges pourrait être l’incorporation, pour la première fois sous la loi CAFE originalement instaurée en 1975 (après l’embargo déclanché par l’OAPEC no gaz(Organization of Arab Petrolieum Exporting Countries) qui a débutée en octobre 1973), des camions lourds construits pour le travail et les semis remorques de transports.  De plus, certains sénateurs comme Bill Nelson de la Floride croient que la loi devrait être plus sévère, exigeant 40 mpg en moyenne aux flottes.  D’autres pensent que le projet est un peu trop poussé comme Ted Stevens et Trent Lott, respectivement de l’Arkansas et du Mississipi.  Ceux-ci se demandent à quel point la loi, dans sa forme actuelle, affecterait l’industrie des transports routiers.  Soulignons que Lott attend la construction d’une toute nouvelle usine d’assemblage Toyota dans son état.  Le sénateur du Missouri, Claire McCaskill (la seule représentante démocrate à avoir deux usines de fabrication automobile de Détroit dans son état) s’oppose catégoriquement au CAFE. 

gmLes discordes n’ont pas uniquement lieu au sein du sénat américain car DaimlerChrysler, Ford, GM et Toyota (entre autre), ayant pour voix Dave McCurdy, dirigeant du AAM (Alliance of Automobile Manufacturers) soutiennent que d’atteindre 35 ou 40 mpg d’ici 13 ans est absolument impossible à réaliser et inatteignable !  Le UAW (United Auto Workers) n’aime pas la proposition car selon eux, elle signifierait que des emplois seraient perdus et que des usines fermeraient leurs portes.  Les environnementalistes, pour leur part, croient que la proposition est trop «molle» par rapport aux plans originaux élaborés par George W. Bush.  Aussi, ils déplorent l’absence de projets de promotion concrètes d’énergies alternatives et, comme le souligne Dan Becker, directeur du Global Warming Program du Sierra Club, la présence de portes de sortie en cas d’«impossibilité» de respecter les 4% de majoration annuelle demandés dans la loi. 

globe Bien que ce projet vise principalement à réduire la dépendance américaine aux produits pétroliers étrangers et à diminuer la quantité de gaz a effet de serre rejeté par les tuyaux d’échappement des nouvelles voitures (qui pèse 20% dans la balance globale de production de ces gaz causants le réchauffement planétaire chez nos voisins du sud), il faut aussi voir l’autre côté de la médaille, c’est-à-dire les coûts énormes de la mise en application d’une telle loi.  Certaines compagnies automobiles nagent déjà dans l’encre rouge depuis longtemps et les nouvelles normes envisagées diminueraient encore plus la cote de crédit de ces entreprises.  De plus, le prix du développement de technologies hypothétiquement susceptibles de faire respecter le CAFE serait énorme, dans les dizaines de milliards de dollars américains, des coûts qui seront ultimement retransmis aux consommateurs gmcque nous sommes.  La facture pourrait s’élever de plus de 6,000$US par véhicule et forcerait sans doute les manufacturiers de Détroit à abandonner des catégories comme celle des gros véhicules, les plus profitables pour eux (il se vend environ 15,000 pick-up pleine grandeur annuellement au Québec seulement et nous sommes un bien petit marché si on le compare au reste de l’Amérique). 

Washington propose heureusement (pour les fabricants) de payer une partie de la note du bushdéveloppement de technologies comme celle des véhicules hybrides rechargeables (plug-in hybrid) en offrant 250 millions de dollars (une goutte d’eau dans l’océan si vous voulez mon avis).  Ce partage s’échelonnerait sur cinq ans (bis).  Le comité souligne aussi aux compagnies productrices de motorisations roulant à l’éthanol ou à d’autres sources moins polluantes qu’ils bénéficient déjà de crédits gouvernementaux mais selon le AAM, ce serait encore trop peu. 

On a certainement pas fini d’entendre parler de ce projet d’«amélioration» du CAFE d’ici au mois prochain.  Souhaitons uniquement que les bonnes décisions seront prises pour les bonnes raisons.

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